
Paella valenciana – le riz en fête au bord de l’Albufera
Des feux du dimanche, de gros haricots blancs et l’art de laisser le riz tranquille.
À l’Albufera, au sud de Valencia, le riz a façonné aussi bien le paysage que les repas. Ici, la paella, c’est avant tout du poulet, du lapin, des haricots verts et des garrofó, cuits dans une large poêle où le bouillon s’évapore tandis que les saveurs restent. Nous suivons ce plat depuis le quotidien des rizières jusqu’aux tables dominicales d’aujourd’hui, avant de le préparer avec les moyens d’une cuisine suédoise.
Traduit du suédois avec l'aide de l'IA.
Vers la recette ↓Là où les rizières rencontrent le dimanche
On entend d’abord l’huile. Un grésillement vif lorsque le poulet touche la poêle brûlante, puis un crépitement plus calme quand sa surface commence à dorer. La tomate arrive ensuite, avec un parfum de plus en plus doux à mesure que son eau s’évapore. Enfin, le riz : de petits grains clairs qui vont bientôt s’imprégner de toutes les saveurs patiemment construites avant leur arrivée.

Autour de l’Albufera, la lagune au sud de Valencia, on comprend aisément pourquoi le riz est devenu le cœur du repas. Ici, l’eau, les terres cultivées et l’air marin sont indissociables. Des canaux d’irrigation rectilignes traversent un paysage plat où les rizières changent de visage au fil des saisons : miroirs d’eau, étendues vertes, épis mûrissants. L’immensité du ciel trouve aussi sa place à même le sol.
La lagune et ses environs forment aujourd’hui un espace naturel protégé, mais pas une nature coupée des humains. La pêche, l’irrigation et l’agriculture façonnent les lieux depuis longtemps. Les rizières sont à la fois des terres de travail et un habitat pour les oiseaux. La paella appartient au versant humain de cette même trame : tirer parti de ce que l’on peut cultiver, élever et cuisiner ensemble.
Une paella du dimanche commence donc bien avant que quelqu’un annonce que le repas est prêt. L’un coupe les haricots. Un autre prépare le feu ou vérifie le gaz. Un troisième regarde dans la poêle et donne son avis sur le niveau d’eau. Une seule personne peut préparer une bonne paella, mais le repas qui l’entoure est rarement pensé pour la solitude.
Ce que l’on pose finalement sur la table n’est pas un monticule de riz accompagné de garnitures. C’est un paysage mince et continu de riz, de viande et de légumes. Les grains doivent être cuits à cœur tout en restant bien distincts, la surface assez sèche et les saveurs concentrées. Tout au fond se cache parfois le précieux socarrat : ce riz qui a adhéré au métal et grillé jusqu’à prendre une teinte dorée à brun noisette.
Et malgré la proximité de la Méditerranée, ce ne sont pas les crevettes qui définissent la paella valenciana. Pour raconter cette histoire, il nous faut plutôt du poulet, du lapin et deux sortes de haricots.
Un plat qui s’est construit, plutôt qu’inventé
L’histoire du riz dans la péninsule Ibérique est bien plus ancienne que celle de la paella. Sa culture et l’irrigation se sont développées durant la période musulmane, et le riz a progressivement acquis une place importante dans la région de Valencia. Pour autant, impossible de tracer une ligne droite entre une rizière médiévale et la paella valenciana d’aujourd’hui, si précisément définie. L’histoire d’un ingrédient et celle d’un plat sont deux choses différentes.

La paella telle que nous la connaissons est généralement rattachée au monde agricole de Valencia et à une évolution survenue surtout au XIXe siècle. Il n’existe ni créateur incontesté, ni premier dimanche avéré, ni recette originelle unique à laquelle comparer toutes les poêlées suivantes. Il est plus juste d’y voir un plat né peu à peu des pratiques locales consistant à cuire le riz au feu dans une large poêle.
Le récit d’un plat paysan est donc bien ancré dans son environnement. Mais l’image romantique de paysans partant tous aux champs avec exactement la liste d’ingrédients actuelle est trop simpliste. Les ressources disponibles, les moyens financiers et les saisons déterminaient ce qui entrait dans le plat. Le lapin, les escargots et les légumes appartiennent à ses origines rurales ; la quantité de viande et le choix des légumes ont varié.
Il faut aussi distinguer le repas des travailleurs du repas de fête. Du riz enrichi des ingrédients disponibles peut nourrir beaucoup de monde, mais une poêle généreusement garnie de viande offre aussi une occasion de réunir la famille. La place de la paella comme plat du dimanche et de partage en dit au moins autant sur le temps et la convivialité que sur une liste d’ingrédients originelle.
Son nom donne un indice plus concret. En valencien, paella signifie poêle, et le mot a donné son nom au plat. Il vient du latin patella, qui désigne un récipient peu profond. L’explication selon laquelle le nom dériverait de l’espagnol para ella, « pour elle », est en revanche un jeu de mots populaire, pas une étymologie reconnue.
Lorsque les voyageurs, les restaurants puis le tourisme international ont rendu la paella célèbre dans le monde entier, son image a elle aussi évolué. Pour beaucoup, hors d’Espagne, elle est devenue un riz jaune aux fruits de mer, volontiers servi directement dans une grande poêle. Une image compréhensible pour d’autres variantes, mais qui ne définit pas fidèlement la paella valencienne.
Aujourd’hui, le mot paella fonctionne donc à plusieurs niveaux : il désigne un récipient, une famille de plats de riz et une spécialité locale très précise. Bien des querelles à table commencent lorsque l’on confond ces différents sens.
Que peut-on vraiment mettre dans la poêle ?
Le socle reconnu de la paella valenciana est assez clair : riz, eau, huile d’olive, sel, tomate, safran, poulet, lapin, haricots verts et garrofó. C’est aussi l’ensemble mis en avant par les informations touristiques officielles de Valencia. De quoi obtenir beaucoup de saveur sans vider tout le garde-manger dans la poêle.

Le poulet et le lapin jouent des rôles différents. Le poulet avec os apporte une chair juteuse, du gras et un bouillon tout en rondeur. Le lapin est plus maigre, avec une saveur douce mais bien à lui, qui se marie à merveille au safran et aux haricots. Tous deux doivent être soigneusement dorés avant l’ajout d’eau. Une version pâle, cuite à la hâte, passe à côté d’une grande partie de la profondeur du plat.
Les haricots verts sont souvent des variétés larges et plates, appelées notamment bajoqueta ou ferraúra à Valencia. Ce sont des légumes à part entière, pas un décor : de beaux morceaux que l’on fait revenir avant de les laisser s’attendrir dans le bouillon. En Suède, les haricots plats conviennent bien. Les haricots verts fins sont plus faciles à trouver et constituent une solution pratique, même si leur forme et leur texture diffèrent.
Les garrofó sont de gros haricots de Lima plats, à la chair tendre, presque beurrée. Ils contrastent avec les petits grains de riz et s’imprègnent du liquide savoureux. Il peut être difficile de trouver ici des garrofó frais ou surgelés, mais de gros haricots de Lima déjà cuits font très bien l’affaire. De gros haricots blancs d’une autre variété constituent un remplacement commode, sans être exactement le même ingrédient.
Viennent ensuite les variations locales. On rencontre des escargots, du romarin et, dans certains cas, de l’artichaut. Les différences entre communes, familles et saisons font partie de la tradition. Les reconnaître ne revient pas à dire que tout est typiquement valencien.
Le chorizo, par exemple, peut donner un excellent riz, mais il n’appartient pas à la paella valenciana telle qu’elle est communément définie. Son goût fumé et son gras modifient d’ailleurs profondément les saveurs du plat. Crevettes, moules et calamars ont leur place dans d’autres paellas et préparations de riz. Ce n’est pas un jugement de qualité, simplement une façon de laisser à chaque plat son nom et son caractère.
C’est précisément là que l’identité culinaire devient visible. Pour un visiteur, un ingrédient supplémentaire peut sembler anodin. Pour quelqu’un qui a grandi avec ce plat, il peut soudain lui faire raconter un autre lieu. On peut accueillir avec bienveillance les contraintes des cuisiniers amateurs tout en indiquant clairement ce qui a été modifié.
Notre recette reste donc fidèle au poulet, au lapin et aux haricots. Elle comprend aussi une petite quantité de paprika doux, présent dans de nombreuses recettes. Non fumé et utilisé avec retenue, il laisse s’exprimer les sucs de cuisson et le safran.
Le riz, l’eau et la large poêle
L’ingrédient le plus important de la paella n’est pas le plus coûteux. C’est le riz. Tout le reste doit, au bout du compte, donner du goût à ses grains, et c’est souvent sur eux, davantage que sur la viande, que l’on juge le résultat. Une bonne cuisse de poulet ne sauvera pas une épaisse couche de riz collant et trop cuit.

Le bomba est un choix sûr pour cuisiner à la maison. Ce riz rond espagnol absorbe bien le liquide tout en gardant sa tenue. Mais il n’est pas le seul riz traditionnel ou adapté. L’appellation d’origine protégée Arroz de Valencia comprend aussi, entre autres, le senia et l’albufera. Ces variétés se comportent différemment, et ceux qui cuisinent souvent le riz choisissent volontiers selon sa capacité à capter les saveurs et la fermeté recherchée.
Pour nous, en Suède, la marche à suivre est simple : chercher d’abord du bomba ou un riz espagnol clairement destiné à la paella. Lire ensuite les indications du paquet. Un riz long ordinaire donnera un autre plat ; un riz à risotto peut dépanner, mais demande des ajustements et n’offrira pas le même résultat. Le riz destiné aux bouillies au lait n’est pas un bon raccourci sous prétexte qu’il a lui aussi des grains courts.
Ne rincez pas le riz à paella. Il se verse sec dans le liquide savoureux. Une fois réparti uniformément, il doit rester, pour l’essentiel, tranquille. Nous ne préparons pas un risotto : il ne s’agit pas de remuer pour obtenir une sauce crémeuse. Nous voulons une couche homogène, mais non collante, où les grains terminent leur cuisson sans bouger.
La forme de la poêle est tout aussi décisive. Ses bords bas et sa grande surface permettent à l’eau de s’évaporer efficacement. Une fine couche de riz cuit aussi plus régulièrement qu’une couche épaisse. On ne peut donc pas doubler les quantités dans la même poêle en espérant le même résultat. Davantage de convives exige généralement une plus grande surface de cuisson, pas simplement plus de bouillon.
Une poêle traditionnelle en acier réagit vite aux changements de chaleur, mais nécessite une source qui chauffe le fond assez uniformément. Une grande poêle sur un petit foyer peut donner un riz brûlé au centre et encore humide sur les bords. Sur une cuisinière suédoise ordinaire, c’est souvent un problème plus important que le choix entre deux bonnes variétés de riz.
La quantité d’eau n’est pas non plus une constante mathématique. Elle dépend du riz, de la largeur de la poêle, de la vigueur de l’ébullition et du vent qui peut souffler sur un feu en plein air. Un rapport eau-riz indiqué dans une recette est un point de départ, pas une loi de la nature. Gardez donc de l’eau chaude à portée de main et apprenez à lire la poêle : les bulles, la surface du riz et le liquide restant lorsque les grains approchent de la bonne cuisson.
Dans cette paella, le bouillon se forme directement dans la poêle lorsque la viande dorée et les légumes mijotent avec l’eau. Inutile d’ajouter un fond concentré du commerce. Il risquerait plutôt de trop saler le plat et de masquer tout le travail déjà accompli en faisant dorer la viande.
Le parfum du safran et la frontière ténue du socarrat
Le safran ne fait pas que colorer le riz en jaune. Son parfum est chaleureux et singulier, avec des notes qui peuvent évoquer le foin, le miel et une légère amertume. Trop abondant, il devient envahissant ; trop discret, il disparaît derrière la viande et la tomate. Émiettez les filaments et faites-les infuser dans un peu d’eau chaude pour mieux les répartir dans la poêle.

La couleur, en revanche, n’est pas un critère fiable pour juger une paella. Un riz d’un jaune intense ne goûte pas nécessairement beaucoup le safran, et une paella réussie peut afficher une teinte dorée assez discrète. Ce sont le parfum et l’équilibre d’ensemble qui nous intéressent, pas une nuance précise sur une photographie.
La tomate doit elle aussi être traitée comme un apport de saveur, et non comme une sauce. Râpez-la ou hachez finement sa chair, puis faites-la revenir jusqu’à ce que l’essentiel de son eau se soit évaporé. En passant d’une texture aqueuse et claire à une consistance plus dense et plus sombre, elle gagne en rondeur. Le paprika ne doit rester que quelques instants dans la poêle chaude avant l’ajout d’eau ; brûlé, il apporte une amertume difficile à corriger.
La paella est traditionnellement associée au feu de bois, de préférence d’oranger là où il est disponible. Le feu peut apporter une forte chaleur, une touche de fumée et la possibilité de déplacer les braises sous les différentes zones de la poêle. Mais il demande de l’expérience. Le gaz est devenu une solution pratique, et une cuisinière bien maîtrisée peut donner un meilleur résultat qu’un feu capricieux.
Le socarrat ne se forme que lorsque l’essentiel de l’eau libre a disparu et que le riz au contact du fond peut chauffer suffisamment pour griller. Le son change : le bouillonnement humide laisse place à un crépitement plus sec. Un parfum de noisette apparaît. C’est alors qu’il faut redoubler d’attention.
La frontière entre grillé et brûlé est mince. Une fine croûte dorée est agréable ; du riz noir à l’odeur âcre est un échec, pas un supplément d’authenticité. Il ne devrait pas être nécessaire de gratter une plaque de charbon amer pour pouvoir affirmer que la paella est réussie.
Une forte augmentation du feu en fin de cuisson est donc un outil, pas un passage obligé. Si l’on entend déjà un crépitement sec, il peut être nécessaire de retirer aussitôt la poêle du feu. Si le riz est encore dur, il lui faut au contraire un peu d’eau chaude et du temps. Pour une première tentative, mieux vaut viser des grains savoureux et bien cuits qu’une croûte maximale.
Un court repos après la cuisson permet à l’ensemble de se poser. Laissez la poêle sans couvercle hermétique, pour éviter que le riz continue inutilement à cuire à la vapeur. Puis apportez-la à table tandis que son parfum s’élève encore.
Une poêle autour de laquelle se retrouver
À Valencia, la paella est avant tout un plat du déjeuner, souvent associé aux week-ends, aux sorties et aux grandes tablées. Le temps qu’elle demande fait partie du rituel. On ne peut pas précipiter le brunissement de la viande, le bouillon doit avoir le temps de prendre du goût et, une fois le riz ajouté, quelqu’un doit le surveiller. Il y a un avant et un après, pas seulement un service expéditif.

En famille ou entre amis, il arrive que l’on mange directement dans la poêle commune, traditionnellement à la cuillère. Chacun reste alors volontiers dans la zone située devant lui. Mais c’est une coutume vivante, pas une règle universelle. Les assiettes ont bien sûr tout autant leur place, à la maison comme au restaurant.
La poêle partagée change tout de même quelque chose à la table. Tout le monde voit le même plat et le même bord doré. On peut discuter de la texture du riz et du fondant des haricots sans donner au repas un air solennel. La personne qui a cuisiné reçoit à la fois compliments et bons conseils, parfois de la même bouche, dans un même souffle.
Les accompagnements peuvent rester simples. Une salade de tomates, de feuilles vertes et d’oignon, servie de préférence avant la paella ou à côté, apporte de la fraîcheur. Le pain est possible, mais pas indispensable. Des quartiers de citron sont souvent proposés ; laissez chacun décider si une touche d’acidité lui manque plutôt que d’en arroser toute la poêle.
Dans le verre, un blanc espagnol sec, à l’acidité vive et au boisé discret, convient bien, par exemple un verdejo de Rueda. Un rosado sec peut s’accorder aussi bien aux saveurs dorées de la viande qu’aux légumes. Non que le plat exige de l’alcool : l’idée est de choisir une boisson qui allège la sensation de l’huile d’olive et laisse de la place au safran.
Un vin blanc sans alcool doté d’une belle acidité est une possibilité. Autre option : un thé vert légèrement infusé, servi frais avec un petit morceau de zeste de citron. Gardez une amertume discrète et évitez les boissons très sucrées. Une simple eau fraîche convient aussi parfaitement lorsque la poêle a déjà tant à raconter.
Faire entrer Valencia dans sa cuisine
La version maison en Suède commence par l’équipement. Pour quatre portions généreuses, il faut une large poêle d’environ 40 centimètres de diamètre au bord supérieur et, surtout, une chaleur uniforme en dessous. Un brûleur à paella est pratique. Sur une plaque de cuisson, deux foyers bien placés peuvent convenir, si la plaque et la poêle le permettent et si cette dernière reste stable. Faites-la pivoter délicatement si nécessaire.
Si vous ne disposez que d’une poêle ordinaire, mieux vaut répartir la préparation dans deux poêles que tout entasser dans un récipient profond. Ne cherchez pas à obtenir un socarrat à feu extrême dans une poêle à revêtement antiadhésif. Vérifiez aussi qu’une poêle en acier nouvellement achetée est compatible avec votre plaque : toutes ne conviennent pas à l’induction.
Il faudra peut-être commander le lapin auprès d’un rayon boucherie bien achalandé ou l’acheter surgelé. N’hésitez pas à demander qu’on le découpe en morceaux de taille régulière pour mijoter. Si vous n’en trouvez pas, vous pouvez le remplacer par davantage de poulet avec os. Ce sera une adaptation, mais une adaptation honnête et savoureuse. Mieux vaut acheter un bon poulet que laisser la recherche d’un ingrédient compromettre tout le dîner.
Pour les haricots, la solution est plus simple. Des haricots plats ou des haricots verts fins remplacent les variétés vertes valenciennes. De gros haricots de Lima cuits remplacent les garrofó. Si vous utilisez des haricots secs, faites-les tremper puis cuire entièrement à part, selon les indications du paquet ; la courte cuisson du riz ne suffira pas.
Préparez tout avant de commencer à faire dorer la viande. Râpez la tomate, mesurez le riz, préparez l’eau safranée et gardez un pichet d’eau chaude à proximité. Vous pourrez ainsi vous concentrer sur la poêle plutôt que sur le placard où ont disparu les cuillères doseuses.
La recette ci-dessous propose une méthode claire pour rétablir le niveau de liquide après le mijotage de la viande. Elle limite les approximations, mais le riz garde le dernier mot. Goûtez quelques grains en fin de cuisson, de préférence à plusieurs endroits. Ils doivent être fermes, sans cœur dur. Ajustez par petites touches et résistez à l’envie de remuer.
Enfin, servez quand la paella est prête, pas quand on a enfin débarrassé l’entrée. Les invités peuvent bien attendre le riz. Le riz, lui, supporte moins bien d’attendre les invités.
Paella valenciana au poulet, au lapin et aux haricots
Une version maison du classique valencien, dont le bouillon se construit directement dans la poêle. La recette utilise des haricots de Lima cuits, plus faciles à trouver que les garrofó. Prévoyez une poêle à paella d’environ 40 cm chauffée uniformément sur tout le fond, ou répartissez la préparation dans deux poêles plus petites. La quantité de liquide est adaptée au riz bomba, mais peut nécessiter un ajustement selon la poêle et la source de chaleur.
Ingrédients
Préparation
- 1Préparez les ingrédients. Séchez la viande avec du papier absorbant et vérifiez qu’aucun éclat d’os ne reste sur les surfaces de découpe. Équeutez les haricots verts et coupez-les en tronçons de 4–5 cm. Coupez les tomates en deux et râpez grossièrement leur chair en partant de la face coupée ; jetez les peaux. Émiettez le safran dans 0,5 dl d’eau chaude prélevée sur la quantité mesurée.
- 2Faites chauffer l’huile dans la poêle à feu moyen-vif. Salez la viande avec environ la moitié du sel. Faites bien dorer le poulet et le lapin sur toutes leurs faces pendant 15–20 minutes. Déplacez les morceaux entre les zones plus chaudes et plus fraîches pour qu’ils colorent sans brûler. Procédez en plusieurs fois si la poêle est trop remplie.
- 3Repoussez légèrement la viande vers les bords. Ajoutez les haricots verts et faites-les revenir 4–5 minutes en les retournant de temps en temps. Ajoutez la tomate au centre et faites-la cuire 5–7 minutes, jusqu’à ce qu’elle épaississe et ne paraisse plus aqueuse.
- 4Incorporez le paprika à la tomate et faites revenir environ 10 secondes. Versez immédiatement l’eau safranée et 13,5 dl d’eau supplémentaires, soit 14 dl au total. Ajoutez le reste du sel. Repérez le niveau du liquide sur le bord de la poêle, ou marquez sa profondeur sur une baguette en bois propre posée au fond, à un endroit dégagé.
- 5Versez les 6 dl d’eau restants. Laissez mijoter à découvert environ 25 minutes, jusqu’à ce que la viande soit presque tendre. Ramenez ensuite le liquide au niveau repéré : ajoutez de l’eau chaude si le niveau est plus bas, ou prolongez un peu l’ébullition s’il est plus haut. Goûtez le bouillon ; il doit être bien assaisonné, sans être franchement salé.
- 6Répartissez les haricots de Lima cuits dans la poêle. Versez le riz en pluie et répartissez-le uniformément entre les morceaux de viande à l’aide d’une grande cuillère. Vérifiez qu’il est bien immergé. Faites-le maintenant : ensuite, ne remuez plus pendant la cuisson.
- 7Faites cuire à franche ébullition sur toute la surface de la poêle pendant 7–8 minutes. Baissez ensuite à feu moyen-doux et poursuivez la cuisson 10–12 minutes, ou selon les indications du paquet de riz. Faites pivoter délicatement la poêle si nécessaire pour répartir la chaleur. Cuisez à découvert.
- 8Goûtez quelques grains après environ 17 minutes. S’ils sont encore durs et que la poêle est presque sèche, ajoutez 0,5–1 dl d’eau chaude le long du bord et sur les zones sèches. Poursuivez quelques minutes sans remuer. Le riz doit être cuit à cœur tout en gardant une bonne fermeté, sans noyau dur. Vérifiez aussi que le poulet atteint au moins 74 °C dans sa partie la plus épaisse, sans que le thermomètre touche l’os.
- 9Lorsque le riz est cuit et le liquide absorbé, tendez l’oreille pour percevoir un léger crépitement sec. Si le fond n’a pas encore coloré, vous pouvez augmenter prudemment le feu pendant 30–60 secondes pour obtenir le socarrat. Arrêtez immédiatement en cas d’odeur âcre ou de brûlé. Cette étape est facultative.
- 10Retirez la poêle du feu et laissez reposer 5 minutes sans couvercle hermétique. Servez directement dans la poêle ou dans des assiettes chaudes. Proposez des quartiers de citron à ceux qui le souhaitent.
- Pas de lapin ? Remplacez-le par le même poids de poulet avec os. C’est une adaptation pratique plutôt que l’association classique complète.
- Utilisez des haricots déjà cuits pour cette recette. Les haricots de Lima secs doivent être trempés et cuits séparément selon les indications du paquet avant d’être ajoutés.
- Le bomba et les autres riz à paella n’absorbent pas tous la même quantité de liquide. Respectez le temps de cuisson indiqué sur votre paquet et gardez toujours de l’eau chaude à portée de main. Ne doublez pas les quantités dans la même poêle.
- Faites refroidir rapidement les restes éventuels dans des récipients peu profonds et placez-les au réfrigérateur, idéalement à 4 °C. Consommez-les de préférence le lendemain et réchauffez-les jusqu’à ce qu’ils soient bien chauds à cœur ; ne laissez pas le riz à température ambiante tout l’après-midi.
Ce qui va dans le verre
- VinVerdejo sec de RuedaUne acidité vive et un fruité aux accents d’agrumes allègent la sensation de l’huile d’olive et s’accordent aux haricots. Privilégiez un vin sans boisé marqué pour laisser s’exprimer le safran et les saveurs du riz.
- VinRosado espagnol sec, de préférence à base de garnachaDes notes de fruits rouges et une ampleur modérée accompagnent la viande dorée, tandis que l’acidité apporte de la fraîcheur face au riz et à l’huile. Évitez les styles les plus sucrés.
- Sans alcoolVin blanc sans alcool à l’acidité viveUn style léger, aux notes d’agrumes, convient au safran, à la tomate et au poulet. Choisissez-le peu sucré pour ne pas durcir les saveurs salées et grillées de la paella.
- Sans alcoolThé vert frais au zeste de citronUn thé vert légèrement infusé offre une douce note végétale qui fait écho aux haricots. Un petit morceau de zeste de citron apporte un parfum frais sans ajouter de sucre ; évitez une infusion prolongée, qui rendrait le thé amer.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Les options sans alcool vont tout aussi bien avec le plat.
Sources
- Claudia Roden, The Food of Spain (2011)
- Alan Davidson; tredje upplagan redigerad av Tom Jaine, The Oxford Companion to Food (2014)
- Fundació Visit València, Paella valenciana
- Consejo Regulador de la D.O. Arroz de Valencia, Arroz de Valencia – Denominación de Origen
- Generalitat Valenciana, Parc Natural de l'Albufera
- Antoni Maria Alcover och Francesc de Borja Moll, Diccionari català-valencià-balear, uppslagsord paella
- Livsmedelsverket, Bacillus cereus
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