Pad kra pao – Bangkok dans une assiette
Pad kra pao au basilic sacré, riz au jasmin et œuf aux bords croustillants. À table, le nam pla prik apporte une touche supplémentaire de sel, d’acidité et de piment.
Plat · Thaïlandaise

Pad kra pao – Bangkok dans une assiette

Basilic sacré, wok brûlant et œuf aux bords croustillants : préparez chez vous ce grand favori du quotidien thaïlandais.

L’ail grésille, le piment pique le nez et le basilic rejoint le wok juste avant de servir. Le pad kra pao est une cuisine express qui demande de la précision, un plat où les bonnes feuilles comptent davantage qu’une longue liste d’ingrédients. Suivons ce grand classique du quotidien à Bangkok, du wok des échoppes de rue aux cuisines suédoises.

Par Mai LindqvistJournaliste · Cuisines d’Asie de l’Est et du Sud-Est – Thaïlande, Vietnam, Japon, Chine et Corée
27 octobre 2026 · 11 min de lecture

Traduit du suédois avec l'aide de l'IA.

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Un grésillement entre deux commandes

D’abord, le bruit : ce grésillement bref et vif lorsque l’ail et le piment rencontrent l’huile brûlante. Puis l’odeur, si piquante qu’on la sent presque derrière les yeux. Le cuisinier ajoute la viande, la défait à la spatule et travaille vite au-dessus de la flamme. Quelques traits de sauce. Une poignée de feuilles. Dans l’assiette attendent le riz au jasmin et un œuf dont le blanc a gonflé en une dentelle dorée et croustillante autour du jaune.

Une petite cuisine à la commande à Bangkok, où le riz et l’œuf croustillant attendent pendant que la viande saute au wok. Illustration photoréaliste créée pour représenter la scène d’ouverture du reportage.
Une petite cuisine à la commande à Bangkok, où le riz et l’œuf croustillant attendent pendant que la viande saute au wok. Illustration photoréaliste créée pour représenter la scène d’ouverture du reportage.

Voilà comment peut prendre forme une commande de pad kra pao dans l’une des petites échoppes de Bangkok où l’on cuisine à la demande. Ce plat n’a pas besoin d’une longue présentation à table. Il doit arriver chaud, dégager des arômes francs et offrir des saveurs immédiates : le sel, le feu du piment, la profondeur de la viande saisie et le parfum poivré du basilic. Le jaune peut couler entre les grains de riz ; le blanc croustillant donne de la mâche.

Le pad kra pao, que l’on écrit aussi notamment phat kaphrao ou pad gaprao, fait partie de ces plats vers lesquels on se tourne lorsqu’on veut manger quelque chose de familier sans trop réfléchir. Cela ne signifie pas que tout le monde l’aime de la même façon. Porc ou poulet ? Haché grossièrement au couteau ou passé au hachoir ? Beaucoup de piment ? Avec un œuf, et cuit à quel point ? Cette petite commande renferme bien des préférences.

Pour qui cuisine à la maison en Suède, ce plat est gratifiant, mais ne pardonne guère les approximations. Pas de fond longuement mijoté derrière lequel se cacher, ni de sauce épaisse pour tout harmoniser. La différence entre une poêlée parfumée et un pâle ragoût de viande hachée tient à quelques décisions concrètes : le basilic que l’on achète, la quantité de viande que l’on met dans la poêle et le moment où les feuilles rencontrent la chaleur.

Un classique du quotidien sans acte de naissance certain

Le nom décrit l’essentiel du plat. Phat désigne la cuisson sautée, tandis que kaphrao est le basilic sacré. Le nom n’est donc pas lié à une viande précise. La version au porc peut s’appeler phat kaphrao mu, celle au poulet phat kaphrao kai. L’orthographe varie lorsque le thaï est transcrit en caractères latins ; nous utilisons ici pad kra pao.

Illustration peinte créée pour évoquer une scène de cuisine imaginaire à Bangkok vers 1900. La scène renvoie aux échanges de techniques de cuisson sautée, et non à une naissance attestée du pad kra pao.
Illustration peinte créée pour évoquer une scène de cuisine imaginaire à Bangkok vers 1900. La scène renvoie aux échanges de techniques de cuisson sautée, et non à une naissance attestée du pad kra pao.

Bangkok est un lieu tout indiqué pour découvrir ce plat, mais cela ne signifie pas que la ville puisse en revendiquer l’invention sur la base de preuves. Les livres de cuisine consultés ici ne permettent de désigner ni un premier cuisinier ou restaurant incontesté, ni une version originelle datée. Les récits qui lui attribuent une année de naissance précise sont donc à considérer avec prudence. Sa place dans la cuisine thaïlandaise quotidienne d’aujourd’hui est bien plus claire que ses premiers pas.

La cuisson au wok s’inscrit dans un contexte historique plus large. L’immigration chinoise et le commerce ont profondément marqué la cuisine thaïlandaise, notamment les plats de nouilles, les techniques de cuisson sautée et l’emploi de différents produits à base de soja. Le pad kra pao peut se comprendre dans ce contexte, mais celui-ci ne prouve pas une filiation directe et simple pour ce plat en particulier. Les techniques circulent entre les cuisines ; les ingrédients, les assaisonnements et les habitudes alimentaires leur donnent un caractère local.

Le basilic sacré donne ici une identité indéniablement thaïlandaise à cette cuisson rapide. La sauce de poisson et le piment y contribuent, tout comme la façon de servir cette viande fortement assaisonnée avec du riz. Les recettes modernes comportent souvent de la sauce soja et de la sauce d’huître. Les proportions varient, et il existe aussi des versions plus sobres, où un nombre réduit d’assaisonnements laisse mieux s’exprimer le basilic et la viande.

La diffusion du plat hors de Thaïlande a entraîné d’autres changements. Sur les cartes des restaurants, il devient parfois simplement « thai basil chicken », et le basilic employé peut appartenir à une autre espèce que celle qui lui donne son nom. Poivron, oignon et autres légumes peuvent y prendre plus de place. Le résultat peut être délicieux, mais pour comprendre l’idée gustative de l’original, il faut reconnaître ce qui a changé, plutôt que faire comme si toutes les feuilles vertes et toutes les sauces pour wok se valaient.

C’est donc un plat quotidien moderne que nous préparons ici, et non la reconstitution d’une version historique originelle. La fiche recette utilise du porc haché, du basilic sacré et un mélange d’assaisonnements en quantité modérée. Une version pratique pour la maison, qui accorde une attention particulière à ce qui se perd facilement entre le brûleur d’une échoppe de rue et une cuisinière suédoise ordinaire.

Le basilic n’est pas une décoration

L’achat décisif, c’est le kaphrao : le basilic sacré, généralement désigné sous le nom d’Ocimum tenuiflorum, avec Ocimum sanctum comme synonyme. Ses feuilles sont souvent plus mates et plus dentelées que celles du basilic lisse vendu en pot en Suède. Son parfum est poivré et épicé, parfois avec des notes de clou de girofle. Il se révèle particulièrement lorsque les feuilles chauffent dans le plat.

De gauche à droite : basilic sacré, horapha et basilic doux commun, trois herbes aux profils aromatiques différents. Illustration photoréaliste créée pour mettre en évidence les différences entre leurs feuilles.
De gauche à droite : basilic sacré, horapha et basilic doux commun, trois herbes aux profils aromatiques différents. Illustration photoréaliste créée pour mettre en évidence les différences entre leurs feuilles.

Ne le confondez pas avec le horapha, le basilic thaïlandais souvent vendu précisément sous le nom de basilic thaï. Le horapha présente une note douce d’anis ou de réglisse plus marquée et possède souvent des tiges pourpres. Il est excellent dans bien d’autres préparations, mais donne un pad kra pao différent. Le basilic doux commun, celui que l’on utilise pour le pesto, constitue une troisième possibilité, avec un autre profil aromatique.

En Suède, on trouve surtout le kaphrao frais dans les épiceries asiatiques proposant des produits thaïlandais. Demandez du basilic sacré ou du kaphrao et lisez l’étiquette : le terme « basilic thaï » ne suffit pas à identifier l’espèce. Le basilic sacré surgelé peut être une solution utile, même si les feuilles perdent leur tenue. Il a malgré tout sa place dans un plat où l’herbe doit s’attendrir à la chaleur, plutôt que rester croquante sur le dessus comme une salade.

Si vous ne trouvez que du horapha, vous pouvez tout à fait préparer votre dîner. Considérez-le comme un remplacement assumé, et non comme un ingrédient au goût identique. Le basilic commun convient aussi à une poêlée improvisée au basilic, mais n’essayez pas de recréer le kaphrao en ajoutant du clou de girofle moulu : cette épice concentrée prend facilement le dessus et ne possède pas les arômes verts des feuilles.

Détachez les feuilles des tiges les plus épaisses. Gardez les sommités tendres. Ne rincez que si nécessaire et séchez soigneusement, car un excès d’eau en surface refroidit la poêle et peut provoquer des projections d’huile. Le basilic ne doit pas mijoter avec la viande dès le début. On l’incorpore en dernier, juste le temps qu’il retombe et libère son parfum.

La quantité compte aussi. Quelques feuilles sur le dessus constituent une garniture, pas la saveur centrale du plat. Une belle poignée pour deux portions est un meilleur point de départ, mais n’hésitez pas à peser la première fois : les herbes peuvent être plus ou moins tassées. Dans la recette, nous utilisons 30 grammes de feuilles détachées pour quatre portions, assez pour qu’elles se fassent sentir sans masquer la viande.

Du piquant, du sel et une sauce qui reste en retrait

Le pad kra pao ne doit pas avoir le goût d’une banale sauce sucrée pour wok relevée de piment. Le sel en est l’ossature, l’ail apporte de l’ampleur et le piment tranche avec les saveurs de la cuisson à l’huile. Une petite quantité de sucre peut arrondir les angles, mais le plat n’a pas besoin d’être franchement sucré. Le parfum du basilic doit rester perceptible après la première bouchée.

L’ail et le piment grossièrement pilés donnent des morceaux irréguliers qui entrent rapidement en contact avec l’huile. Illustration photoréaliste créée pour montrer les préparatifs, avec les assaisonnements mesurés à côté.
L’ail et le piment grossièrement pilés donnent des morceaux irréguliers qui entrent rapidement en contact avec l’huile. Illustration photoréaliste créée pour montrer les préparatifs, avec les assaisonnements mesurés à côté.

La sauce de poisson apporte à la fois du sel et la profondeur de la fermentation. La sauce soja claire ajoute encore du sel et de la rondeur, tandis que la sauce d’huître contribue par son umami, une légère douceur et une texture un peu liante. Il est facile d’avoir la main lourde lorsque trois produits salés se retrouvent dans le même bol. Les marques diffèrent également. Mieux vaut donc commencer avec retenue et ajuster en fin de cuisson que tenter de sauver un wok trop salé avec davantage de sucre.

Par sauce soja claire, on entend ici une sauce soja asiatique claire destinée à l’assaisonnement, et non « light » au sens de réduite en sel. Une sauce soja claire thaïlandaise convient très bien. La sauce soja foncée est un autre produit, souvent utilisé en petite quantité pour la couleur et parfois la douceur. Elle n’est pas nécessaire dans notre recette. Si vous n’avez que de la sauce soja japonaise, elle peut servir de remplacement pratique, mais goûtez, car son caractère et sa teneur en sel diffèrent.

L’ail et le piment donnent un résultat particulièrement intéressant lorsqu’ils sont grossièrement pilés au mortier. Il n’est pas nécessaire d’obtenir une pâte homogène. Au contraire, de petits morceaux irréguliers entrent différemment en contact avec l’huile et donnent un résultat plus vivant. Sans mortier, on peut très bien hacher les ingrédients puis les écraser avec le plat du couteau. La distinction importante se situe entre des ingrédients grossièrement travaillés et une grande quantité de purée humide finement mixée.

Les petits piments thaïlandais peuvent être très forts, et leur puissance varie d’un fruit à l’autre. Le nombre indiqué dans une recette est donc un repère, pas la garantie d’un degré de piquant précis. Commencez avec moins si vous hésitez. Remplacer une partie par du piment rouge plus doux apporte davantage de chair et de couleur sans la même force, mais modifie aussi légèrement le goût. Le nam pla prik sur la table permet à ceux qui le souhaitent de relever davantage leur assiette.

Le porc haché est facile à trouver et supporte bien cette cuisson rapide à feu vif. Choisissez de préférence une viande qui ne soit pas extrêmement maigre. La viande coupée au couteau donne des morceaux plus distincts et un peu plus de mâche ; les hauts de cuisse de poulet désossés sont une alternative juteuse au blanc de poulet. Crevettes, calamars et autres protéines figurent aussi dans les plats au kaphrao, mais nécessitent des temps de cuisson adaptés.

La question des légumes suscite volontiers des avis tranchés. Les haricots longs apparaissent dans certaines versions, et les interprétations de restaurant peuvent contenir nettement plus de légumes. Nous n’en mettons pas ici afin de faire ressortir les saveurs essentielles. Cela ne revient pas à affirmer que toutes les cuisines thaïlandaises préparent le plat de la même façon : c’est un moyen de placer la viande, le piment, l’ail et le basilic au centre.

Le travail du wok et la technique propre à l’œuf

Une chaleur vive est importante, mais une poêle brûlante ne suffit pas à elle seule. La quantité et l’humidité des ingrédients déterminent ce qui se passe lorsqu’ils y tombent. Si vous mettez un demi-kilo de viande froide sortant du réfrigérateur dans une petite poêle, la température chute rapidement. La viande rend de l’eau et bout avant de commencer à saisir. La température initiale de la poêle compte alors moins.

Le khai dao obtient son blanc croustillant grâce à une cuisson dans une généreuse quantité d’huile ; le blanc doit prendre même si le jaune reste coulant. Illustration photoréaliste créée pour montrer la technique propre à la cuisson de l’œuf.
Le khai dao obtient son blanc croustillant grâce à une cuisson dans une généreuse quantité d’huile ; le blanc doit prendre même si le jaune reste coulant. Illustration photoréaliste créée pour montrer la technique propre à la cuisson de l’œuf.

Sur une cuisinière domestique ordinaire, cuire en deux fois est souvent l’amélioration la plus simple. Utilisez un wok spacieux adapté à la plaque ou une grande poêle qui retient bien la chaleur. Un wok à fond plat doit être bien en contact avec une plaque électrique. Une poêle robuste peut donc être plus efficace qu’un wok fin à petite base. Si vous utilisez un revêtement antiadhésif, ne le préchauffez pas à vide à puissance maximale.

Laissez la viande au contact de la surface avant de commencer à remuer sans cesse. Le but est d’obtenir un peu de coloration, pas de rendre chaque miette de viande sèche et croustillante. Travaillez ensuite à la spatule, défaites les amas et laissez s’évaporer le liquide libéré. La sauce n’arrive que lorsque la viande est réellement en train de saisir. Elle doit grésiller autour des morceaux et les laisser brillants, sans former une mare profonde.

L’ail est l’élément délicat. Il peut devenir amer en quelques instants si l’huile est trop chaude ou si vous vous arrêtez pour chercher l’ingrédient suivant. Préparez donc tout à portée de main : le piment et l’ail travaillés, la sauce mesurée, le basilic effeuillé et le plat de service. Allumez la hotte avant de commencer. Le piment dans l’huile chaude peut être franchement irritant, même pour les amateurs de cuisine relevée.

L’œuf, le khai dao, mérite autant d’attention que le wok. Cette assiette appelle un œuf cuit dans une généreuse quantité d’huile, dont le blanc bouillonne et les bords brunissent en devenant croustillants. La texture est différente de celle d’un œuf cuit doucement dans un peu de beurre. Le jaune peut être coulant, crémeux ou bien cuit selon les goûts ; le croustillant n’impose pas de garder du blanc cru.

Cassez d’abord l’œuf dans une tasse et faites-le glisser tout près de la surface de l’huile. Utilisez une poêle à bords légèrement hauts et tenez l’eau à distance de l’huile chaude. À l’aide d’une cuillère, vous pouvez arroser délicatement le blanc d’huile pour qu’il prenne aussi autour du jaune. Une fois cuit, le blanc ne doit plus être translucide. Posez ensuite l’œuf sur le riz ou tout contre la viande et servez tant que les bords croustillent encore.

Une assiette, une cuillère et une place pour les goûts de chacun

Le pad kra pao appartient à ces plats que l’on mange souvent en portion complète avec du riz, plutôt que dans le cadre d’un grand repas à partager. Il convient à un déjeuner rapide, à un dîner de semaine ou à une pause entre deux courses. Dans une échoppe qui cuisine à la demande, le client peut préciser la viande, le degré de piquant et l’ajout ou non d’un œuf. Cette souplesse fait justement partie de sa force au quotidien.

Le riz ne sert pas seulement à rassasier. Il atténue le sel et le piment, recueille la sauce et permet de retrouver le parfum du basilic entre deux bouchées plus intenses. Le doux parfum floral du riz au jasmin convient particulièrement bien. Gardez-le aéré plutôt que humide : un riz trop mouillé ramollit toute l’assiette, surtout lorsque le jaune d’œuf et le jus de viande s’y mêlent.

La cuillère et la fourchette sont des couverts courants pour un plat de riz thaïlandais comme celui-ci. La fourchette aide à pousser les aliments dans la cuillère. C’est pratique plutôt que cérémoniel : on peut réunir du riz, de la viande et un petit morceau d’œuf dans une seule bouchée. Inutile de présenter le plat avec des baguettes simplement parce qu’il vient d’une cuisine asiatique.

À côté peut se trouver du nam pla prik, une sauce de poisson au piment émincé, également souvent appelée prik nam pla. Le citron vert et l’ail sont des ajouts courants, mais le mélange n’a pas de formule unique obligatoire. C’est un condiment de table, pas une sauce à verser généreusement sur un plat déjà salé. Quelques gouttes sur le riz ou l’œuf peuvent suffire. Dans notre version, le citron vert apporte une acidité fraîche qui complète la richesse du wok.

Côté boisson, un thé glacé à la citronnelle, non sucré ou légèrement sucré, convient très bien. Son parfum net d’agrumes rejoint les herbes sans leur faire concurrence. Une lager blonde constitue une option alcoolisée pour ceux qui le souhaitent, mais une forte teneur en alcool et une amertume houblonnée prononcée n’ont pas leur place ici. L’eau est bien sûr aussi un bon choix. La boisson doit offrir une pause agréable, sans couvrir le basilic.

De la cuisinière suédoise au dîner prêt à servir

La meilleure façon de réussir à la maison est de penser en termes d’ordre plutôt que de vitesse. Commencez par le riz. Mélangez le condiment de table pendant qu’il cuit, puis occupez-vous de toutes les découpes. Une fois l’huile chaude, vous ne devriez plus avoir à mesurer la sauce soja ou à chercher une passoire. La courte cuisson est l’aboutissement des préparatifs, pas toute la préparation du repas.

Pad kra pao prêt à servir avec riz au jasmin, œuf croustillant et nam pla prik pour ajuster l’assaisonnement à son goût. Illustration photoréaliste créée pour représenter la version maison du reportage.
Pad kra pao prêt à servir avec riz au jasmin, œuf croustillant et nam pla prik pour ajuster l’assaisonnement à son goût. Illustration photoréaliste créée pour représenter la version maison du reportage.

Lisez également les étiquettes si vous cuisinez pour une personne allergique ou suivant un régime particulier. La sauce d’huître contient généralement des mollusques, la sauce de poisson contient du poisson et la sauce soja peut contenir du blé. Les sauces végétariennes aux champignons peuvent remplir le rôle de la sauce d’huître, mais vérifiez leur composition. Une version végétarienne doit aussi remplacer la sauce de poisson, pas seulement la viande.

Pour une version végétale, le tofu ferme et les champignons finement hachés constituent une bonne base. Séchez le tofu et faites revenir les champignons afin que leur eau s’évapore avant d’ajouter la sauce. Sinon, cette version risque elle aussi de tourner au ragoût. Gardez l’ail et le piment grossièrement pilés, utilisez des assaisonnements végétaliens et laissez le basilic sacré apporter la même note finale bien affirmée.

La recette ci-dessous est prévue pour quatre portions et se cuit en deux fois. Cela prend un peu plus de temps que de tout verser dans la même poêle, mais permet une meilleure maîtrise. Si vous avez deux poêles, vous pouvez cuire les œufs pendant que vous terminez la viande ; sinon, préparez-les d’abord et gardez-les brièvement sur un plat chaud. Veillez surtout à ajouter le basilic peu avant de servir.

Goûtez enfin la viande avec un peu de riz, et pas seulement directement dans la poêle. Un plat qui paraît intense seul peut être parfaitement équilibré dans l’assiette. S’il manque du sel, le condiment de table est là. Pour plus de piquant, chacun peut prendre du piment. Mais le basilic doit déjà être présent : chaud, poivré et impossible à prendre pour une simple décoration.

Fiche recette 1

Pad kra pao au porc, œuf croustillant et riz au jasmin

Une version maison moderne, cuite en deux fois pour s’adapter à une cuisinière suédoise ordinaire. Le basilic sacré donne au plat son parfum caractéristique. La recette offre un piquant bien présent mais ajustable ; la force des piments varie considérablement.

Préparation 25 min Cuisson 30 min Moyen4 portions

Ingrédients

Riz
Pour le wok
Assaisonnement
Œufs et service

Préparation

  1. 1Rincez le riz à l’eau froide et égouttez-le. Faites-le cuire avec la quantité d’eau et pendant le temps indiqués sur le paquet. Laissez reposer à couvert environ 10 minutes après la cuisson, puis aérez délicatement les grains à la fourchette.
  2. 2Pilez grossièrement l’ail et le piment au mortier, ou hachez-les grossièrement puis écrasez-les avec le plat du couteau. Lavez-vous les mains et nettoyez les ustensiles après avoir manipulé le piment. Rincez les feuilles de basilic si nécessaire et séchez-les soigneusement.
  3. 3Mélangez la sauce de poisson, la sauce soja claire, la sauce d’huître, le sucre et 2 c. à s. d’eau. Divisez la viande, le mélange piment-ail, la sauce et le basilic en deux parts égales.
  4. 4Faites d’abord cuire les œufs si vous n’avez qu’une poêle. Chauffez l’huile destinée aux œufs dans une petite poêle à rebords, à feu moyen-vif à vif ; elle doit miroiter sans fumer. Cassez un œuf dans une tasse et faites-le glisser délicatement tout près de la surface de l’huile.
  5. 5Faites cuire chaque œuf environ 1–2 minutes pour un jaune coulant, plus longtemps pour un jaune ferme. Arrosez délicatement le blanc d’un peu d’huile chaude jusqu’à ce qu’il soit entièrement opaque et que les bords soient dorés. Retirez l’œuf à l’aide d’une écumoire et posez-le sur un plat chaud. Répétez avec les autres œufs. Ne laissez jamais l’huile chaude sans surveillance.
  6. 6Chauffez un grand wok ou une grande poêle à feu moyen-vif à vif. Ajoutez 1 c. à s. d’huile et la moitié du mélange piment-ail. Faites revenir en remuant pendant 10–20 secondes, jusqu’à ce que les parfums se dégagent, mais avant que l’ail ne fonce.
  7. 7Ajoutez immédiatement 300 g de viande hachée et étalez-la. Laissez saisir environ 45 secondes. Défaites-la ensuite à la spatule et poursuivez la cuisson 3–5 minutes, jusqu’à ce qu’elle soit cuite à cœur et que le liquide éventuellement libéré se soit évaporé. Baissez légèrement le feu si l’ail risque de brûler.
  8. 8Versez la moitié de la sauce et remuez pendant 30–60 secondes. La viande doit devenir brillante et rester légèrement humide, sans baigner dans la sauce. Ajoutez au maximum une cuillère à soupe d’eau supplémentaire si elle est devenue sèche. Incorporez la moitié du basilic pendant environ 15–30 secondes, juste le temps que les feuilles s’assouplissent. Transférez dans un plat de service chaud.
  9. 9Recommencez avec le reste de l’huile, du mélange piment-ail, de la viande, de la sauce et du basilic. Si des résidus ont brûlé au fond, essuyez délicatement la poêle avant de reprendre.
  10. 10Répartissez le riz, la viande et les œufs dans quatre assiettes. Ajoutez le concombre à côté et servez immédiatement avec le nam pla prik dans un petit bol. Laissez chacun ajouter ce condiment avec parcimonie.
Astuces
  • Pas de basilic sacré ? Utilisez du kaphrao surgelé selon les indications du paquet, ou remplacez-le par le même poids de basilic thaï, le horapha. Ce dernier apporte une note anisée plus douce et n’a pas un goût identique.
  • Version au poulet : remplacez le porc haché par 600 g de hauts de cuisse de poulet désossés finement hachés ou de poulet haché. Faites cuire à cœur ; un thermomètre doit indiquer 74 °C dans le poulet.
  • Version végétarienne : utilisez 400 g de tofu ferme et 300 g de champignons finement hachés. Faites évaporer toute l’eau des champignons et dorez le tofu en plusieurs fois. Remplacez la sauce d’huître par une sauce végétalienne pour wok à base de champignons, et la sauce de poisson par une sauce de poisson végétalienne ou un supplément de sauce soja dosé avec prudence.
  • Refroidissez rapidement les restes dans des récipients peu profonds et placez-les au réfrigérateur à environ 4 °C. Consommez-les de préférence sous 1–2 jours et réchauffez-les bien à cœur. Préparez de préférence de nouveaux œufs ; le riz ne doit pas rester longtemps à température ambiante.
Fiche recette 2

Nam pla prik au citron vert

Un condiment de table simple, salé et piquant, à base de sauce de poisson et de piment. Le citron vert et l’ail apportent de la fraîcheur et un supplément de parfum. Utilisez-le quelques gouttes à la fois, surtout avec un pad kra pao déjà bien assaisonné.

Préparation 10 min Cuisson 0 min Facile4 portions

Ingrédients

Préparation

  1. 1Préparez un petit bol ou un bocal en verre propre. Rincez les piments et retirez les pédoncules.
  2. 2Coupez les piments en rondelles très fines. Gardez les graines si vous le souhaitez ; pour un condiment plus doux, le plus sûr est de réduire la quantité totale de piment.
  3. 3Pelez l’ail et émincez-le aussi finement que possible. Mettez-le dans le bol avec les piments.
  4. 4Ajoutez la sauce de poisson et le jus de citron vert. Remuez et laissez reposer environ 5 minutes pendant que vous terminez le reste du repas.
  5. 5Goûtez quelques gouttes sur un peu de riz. Ajoutez encore un peu de citron vert si vous souhaitez davantage d’acidité. Servez dans le bol avec une petite cuillère pour que chacun puisse se servir à sa convenance.
Astuces
  • Vous pouvez mélanger la sauce de poisson et le piment à l’avance, mais ajoutez le citron vert et l’ail peu avant de servir pour préserver la fraîcheur des arômes.
  • Conservez à couvert au réfrigérateur et utilisez de préférence sous 2–3 jours. Préparez plutôt de petites quantités que de compléter un fond de bol ancien.
  • Pour un condiment de table végétarien, utilisez une sauce de poisson végétalienne. La sauce soja claire et le citron vert donnent aussi un bon résultat, mais le goût est différent.
À boire avec

Ce qui va dans le verre

  • Sans alcoolThé glacé léger à la citronnelleUn thé noir peu infusé à la citronnelle, servi frais, non sucré ou légèrement sucré, offre une pause aromatique rafraîchissante entre le piment, le sel et l’œuf frit. Évitez le thé trop infusé, dont l’astringence prend facilement le dessus.
  • BièreLager blonde à l’amertume modéréeSes légères notes maltées s’accordent à la viande dorée et aux bords croustillants de l’œuf, tandis que ses bulles offrent un contraste rafraîchissant avec le gras. Préférez une amertume et un degré d’alcool modérés à un style puissant dominé par le houblon.
  • Sans alcoolLager blonde sans alcoolElle apporte les mêmes notes légèrement maltées et le même contraste pétillant avec le blanc d’œuf frit à l’huile, sans alcool. Une version sèche et peu amère laisse le parfum épicé du basilic au premier plan.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Les options sans alcool vont tout aussi bien avec le plat.

Sources

  1. David Thompson, Thai Street Food (2010)
  2. David Thompson, Thai Food (2002)
  3. Leela Punyaratabandhu, Simple Thai Food: Classic Recipes from the Thai Home Kitchen (2014)
  4. Pailin Chongchitnant, Hot Thai Kitchen: Demystifying Thai Cuisine with Authentic Recipes to Make at Home (2016)
  5. Royal Botanic Gardens, Kew, Plants of the World Online: Ocimum tenuiflorum L.
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